Le repli sur soi du culte gauchiste.

Kenneth Roth, directeur exécutif de l’ONG « Human Right Watch » (l’observatoire des droits de l’homme) s’étonne du fait suivant : malgré la « progression du nationalisme », les occidentaux aiment toujours autant regarder des films/séries de pays étrangers.
Ainsi, les « dirigeants xénophobes » et leurs discours de haine échoueraient à renfermer les peuples sur eux-mêmes.

L’absurdité de cette conclusion est symptomatique d’un renfermement intellectuel qui, lui, n’est que trop peu mis en lumière : celui d’une partie de la Gauche.
Les adeptes de ce nouveau dogmatisme, trop repliés sur leur idéologie, ne comprennent plus leurs « ennemis ».
C’est ce que je vais maintenant vous expliquer.

Le combat de la nouvelle gauche

Ce que j’appelle “nouvelle-gauche” ou “culte gauchiste” est un mouvement idéologique, héritier du post-modernisme. Vous en connaissez peut-être certaines de ses branches, comme le néo-féminisme, le racialisme pro-minorités ou encore les social justice warriors.

Sa volonté, exprimée ou non, est avant tout de dés-objectiviser le monde.
Ainsi, pour exemple, cette gauche tend à considérer que seul le ressenti de la personne visée par des propos doit être pris en considération pour apprécier leur caractère délictuel (et immoral). Par le processus dit des “micro-agressions”, toute personne “en position de faiblesse” peut donc se déclarer “victime” de propos offensant simplement si elle estime qu’ils l’étaient.
Il n’y a donc plus à analyser objectivement le caractère délictuel ou non d’un discours. Il suffit de chercher à savoir si une ou des personnes se sont senties agressées par ce dernier.

Le black-face en est un autre exemple. Les minorités-racialistes combattent partout où elles en trouvent des fêtes traditionnelles dans lesquelles des personnes se noircissent le visage.
D’après la pensée gauchiste, ce qui prime est le ressenti de certaines personnes noires. Si elles se sentent blessées par des actes qu’elles jugent unilatéralement racistes, ils doivent être condamnés et interdits. Il n’y a donc pas à apprécier si, objectivement, ces traditions ont effectivement un caractère raciste ou non.

Quand néo-féminisme et racialisme se croisent, nous pouvons par exemple lire une féministe proéminente – Lauren Bastide – s’insurger qu’un dossier du Figaro sur la Cathédrale de Notre-Dame n’ait fait appel qu’à des témoignages et articles de “mâles blancs”.
Pour cette adepte du culte, il n’y a pas à démontrer que des femmes noires ou autres auraient apportés des visions différentes ET pertinentes sur le sujet. Encore moins à apporter des noms précis de personnes qui auraient du contribuer au dossier. Ne parlons même pas de la liberté qu’aurait le journal le Figaro de faire appel aux personnes qui lui plait.
Tout ce qui compte, c’est que la “diversité” sexuelle et raciale ne soit pas au rendez-vous. C’est-à-dire la primauté, en philosophie et dans le monde de la littérature, d’une diversité raciale et sexuelle sur la diversité de la pensée.

Il faut donc bien comprendre que la cible principale d’une telle vision du monde est la raison même.
Il n’est ainsi pas étonnant que les mathématiques et la science soient, pour certains membres exaltés de la secte, des créations du patriarcat blanc pour assurer sa domination.

Le drame est que ce repli toujours plus important sur soi-même n’est pas compris par une bonne partie de la gauche, qui se laisse entraîner. Quant à ceux qui ont pris conscience du piège dans lequel ils se faisaient enfermer, ils deviennent des cibles, injuriées pour apostasie. Pour les gauchistes, rien n’existe de pire que des personnes se réclamant de la gauche et les combattants.
Il est en tout cas clair que les gens sains perdent chaque jour le contrôle des mouvements politiques de gauche au profit des idéologues extrémistes.

Le renoncement au débat

Je le redis : le grand travers des gens de cette nouvelle gauche est qu’ils ne comprennent plus leurs adversaires – qu’ils nomment « de droite », « d’extrême-droite » ou encore « nationalistes » (la liste est longue).

Parce que cette gauche prétend détenir la plus haute morale, et par conséquent être dans le juste et le vrai, elle considère que ses contradicteurs sont forcément du côté du mal. Ils doivent donc être combattus comme des êtres immoraux qui entraveraient l’avènement de la justice sociale et du bien sur Terre.

Cette approche du combat politique est dangereuse car elle permet à la gauche de combattre ses opposants non pas par l’argumentation et la raison mais simplement par le pathos :
Elle n’a plus à prouver et démontrer qu’elle a raison, ni à se remettre en question. Elle n’a qu’à déshumaniser l’adversaire pour gagner par défaut.

Ceci explique la diabolisation permanente de ennemis du culte.
Je m’explique :
En décrétant qu’aucun débat ne doit être permis contre le mal, qui n’a pas le droit de s’exprimer, il suffit de jeter des anathèmes sur ses adversaires et les accuser d’immoralité pour instantanément disqualifier leurs propos et leurs argumentations.
Pour eux, un « raciste », un « antisémite », un « xénophobe » – et toujours en dernière instance l’accusation de « nazi » – n’a pas droit à la parole : il suffit donc de diaboliser son adversaire par de tels qualificatifs pour le vaincre.

Repli sur son idiosyncrasie

La gauche utilise donc à outrance la nazification de ses opposants pour gagner le débat avant même qu’il n’ait commencé.
Problème : elle n’a donc plus à les écouter.

Ce repli sectaire est une négation du débat et donc de l’auto-critique. Il entraine un repli sur soi des gens de cette nouvelle gauche ; une fermeture inquiétante pour des gens se réclamant de la “diversité” et de la “tolérance”.

A ce propos, des études montrent qu’aux États-Unis, aucun groupe social n’est plus endogame que les démocrates très éduqués, fer de lance de la nouvelle gauche. Ce sont ceux qui se ferment le plus aux relations sociales avec des personnes ayant des opinions politiques différentes des leurs.

De même, ce groupe social est de loin le plus en faveur de la censure des opinions et de l’intervention de l’État contre des libertés individuelles, au nom d’une justice sociale.

Sur internet, ils se targuent déjà de pouvoir dicter aux réseaux sociaux (Facebook, Youtube ou Twitter) des listes de personnes qui ne doivent plus avoir le droit de s’exprimer sur ces plateformes (et ce en dehors de toute procédure judiciaire).
Dans le monde universitaire, ils expulsent des colloques et même des universités les professeurs qui remettent en cause les fondements idéologiques de leur culte.
Et ceci n’est qu’un début.

Il y a une contradiction évidente à ce que les gens en théorie les plus “ouverts” de nos sociétés occidentales sont dans les faits les plus fermés aux personnes qui ne partagent pas leur idiosyncrasie.

Je tiens à préciser qu’il n’est pas question de nier que les gauchistes censurent parfois des discours qui sont condamnables, car cela serait hypocrite de ma part.
Le problème ici est autre : la gauche se sert de ces cas, et particulièrement de quelques affaires symboliques, pour pousser à l’édiction de nouvelles législations liberticides ; et ce sans jamais prouver et démontrer que les lois en vigueur seraient incapable de punir de tels discours.

Le gauchisme ne comprend pas le reste du monde

Mais revenons au tweet cité en introduction. Derrière son côté anecdotique, il symbolise assez bien la grande faiblesse induite par ce comportement sectaire.

N’écoutant plus Sun Tzu qui rappelait qu’il faut avant tout connaître son ennemi, la gauche ne prend aujourd’hui plus la peine de comprendre le reste de la population, c’est-à-dire tous ceux qui sont hors de son culte post-moderniste.

Trop obnubilée par son idéologie, elle en vient à considérer qu’il est sain de ne pas entretenir de relations avec l’adversaire, de peur d’être contaminée par lui.

Fort de ce principe, ses adeptes appelle à l’instauration, comme dans les universités, de “safe-spaces”, c’est-à-dire de lieux interdits aux gens qui ne partagent pas le culte ; ces derniers étant tous des potentiels agresseurs qui ne se rendent même pas compte de leur nocivité.

Selon moi, il est clair que cette fermeture intellectuelle de la gauche va provoquer à terme sa perte, mais peut-être aussi celle de la société toute entière.
Comme toujours en une telle situation, un culte totalitaire qui interdit la contradiction ne peut que se nécroser. Il n’est jamais bon de s’extirper du réel pour nager dans son propre monde imaginaire.

L’erreur de Kenneth Roth.

Un tel isolement intellectuel en vient donc à faire croire à M. Kenneth Roth que les individus “de droite” seraient hostiles à tout ce qui ne vient pas de leur pays, et donc aux cultures qui leurs sont étrangères.

Or, cette pensée révèle une profonde ignorance :
Il n’est pas logique qu’une personne “nationaliste”, c’est-à-dire qui aurait comme objectif politique la défense de son pays, de son peuple et de sa culture rejette tout ce qui vient de l’étranger.

Si nous prenons la problématique du repli identitaire avec un point de vue différent de celui de M. Roth, nous pouvons constater que du fait de l’uniformisation culturelle qu’entraîne la mondialisation, certains individus aspirent à protéger leurs spécificités identitaires.
Pris en ce sens, le repli identitaire peut avoir pour objectif non seulement la sauvegarde de sa propre identité, mais aussi plus globalement d’une diversité culturelle humaine dans le monde.

Le nationaliste peut donc être très attaché à ce que dans un siècle, les cinémas japonais, français, turc, espagnol ou italien existent toujours et diffèrent toujours autant, voire même plus, les uns des autres.

Si ce n’est certes pas la position de tous, il n’y a en tout cas à l’évidence aucune contradiction de principe entre le fait de vouloir conserver son identité et celui de s’intéresser et même d’apprécier celles étrangères ; ce que M. Roth ne semble pourtant pas être capable de comprendre.

M. Roth commet donc ici l’erreur classique des personnes dogmatiques. Parce qu’elles ne s’intéressent qu’à elles-mêmes, elles projettent sur les autres leurs propres fantasmes sans chercher la vérité.
Ainsi en l’espèce, M. Roth, en tant que “cosmopolite” convaincu, croit qu’il est lui-même un grand amoureux des cultures humaines ; et qu’en toute logique ses adversaires les “nationalistes” en ont eux une haine terrible.

En vérité, les deux axiomes de sa pensée sont faux.

Pour conclure, il doit être bien retenu que les adeptes du culte gauchiste ont cessé depuis longtemps d’apprendre à connaître leurs adversaires, ainsi que leurs prétentions, leurs motivations et leurs aspirations. Ils font fi des nuances et de la diversité qui peut exister chez ceux qui ne pensent pas comme eux.

Les carcans idéologique de la gauche actuelle entraînent donc un abaissement de la compréhension du monde qu’en ont ses membres, et même ses plus proéminents.
Kenneth Roth, membre du culte, en fait lui aussi les frais.

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